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mardi 31 janvier 2023

La vie en vrai d'Emma Green

Editions Addictives//Broché 472 pages//13 octobre 2022
Disponible en eBook



Et si s'accepter comme on est, c'était commencer à vivre pour de vrai ? À 17 ans, Louve est la victime des Royals, ces élèves populaires qui la harcèlent au lycée comme sur les réseaux sociaux jusqu'à la pousser au pire. Mais quand on touche le fond, il n'y a plus qu'une chose à faire : remonter. Aidée de sa famille, parfois maladroitement, Louve décide de rendre les coups et se rapproche du plus cruel de tous, l'intouchable Lazare Nightingale. Sous ses boucles brunes, Laz ne cherche qu'une chose : qu'on lui fiche la paix. Et tant pis si pour ça, il doit se montrer odieux. Mais il n'imagine pas encore que sous la fragilité de Louve se cache une guerrière. Ni que son attirance pour elle va peu à peu briser ses barrières. Emma Green nous plonge dans l'histoire d'un premier amour qui sauve la vie...



Arrivée de Paris il y a tout juste 4 mois, Louve Larsson, 17 ans, n’est pas épanouie au sein du prestigieux lycée international de Boston. Pire, elle en vient même à vouloir mettre un terme à son existence lors d’une soirée du nouvel an. Pourquoi, alors qu’elle vit dans une famille aisée, dont le père est mondialement connu pour prôner les particularités physiques et les magnifier, alors que tous ses amis parisiens rêveraient de vivre son rêve américain, qu’elle est une bonne élève ? Tout simplement car depuis la rentrée, Louve subit un harcèlement quotidien de la part d’une bande d’élèves, « les Royals », élite auto-proclamée, progénitures de familles riches, qui ne supportent pas les moindres petits écarts qu’ils soient physiques ou dans l’attitude. Devenue leur souffre-douleur sur les réseaux sociaux et au sein du lycée, Louve décide de rebondir et de se venger. Et pour ça, elle va s’attaquer au plus dur des Royals : Lazare Nightingale. Elle ne sait pas comment l’atteindre, mais une chose est sûre : elle est déterminée à trouver son point faible. Car tout le monde en a un dans la vraie vie, non ?

Sujet difficile à aborder, surtout dans la romance, les Emma Green ont décidé d’aborder et traiter du thème du harcèlement scolaire. Très actuel, il y est question non seulement de l’acharnement de certains qui se pensent supérieurs, mais aussi de l’influence des réseaux sociaux, leur spirale infernale, l’effet de groupe… 

Je n’ai pas été complètement convaincue par certains points, mais il faut souligner le courage de s’attaquer à de telles questions.

Louve Larsson est une jeune fille qui m’a laissé un peu perplexe à vrai dire. Tantôt « faible », préférant subir plutôt que de demander de l’aide, de s’entourer des bonnes personnes, tantôt provocatrice, tout aussi horrible que ses harceleurs, et voulant attirer le regard… Je n’ai pas trop compris ce revirement si rapide dans sa personnalité, ni d’ailleurs les encouragements en ce sens de la part de sa tante Willa qui ne semble pas mesurer la gravité de la situation. 
Mais, pourquoi pas... l’esprit de vengeance peut motiver bien des personnalités discrètes !

Lazare reste un sacré mystère une bonne partie du roman, et le découvrir est motivant ! C’est d’ailleurs son évolution qui a rythmé ma lecture avant tout. J’ai bien aimé au final ce personnage, même s'il est cruel à ses heures.

Les parents de Louve m’ont vraiment énervé… Cette inertie m’a choqué. Quel manque d’attention envers leur fille, quasi jeune adulte, mal dans sa peau, qui vient de débarquer à Boston sans connaître personne ! Et quelle réaction bizarre face à sa TS ! Bref, la mère de Louve est complètement dépassée, obnubilée par sa plus jeune fille et la poussant même un peu trop à rentrer dans des cases, ce qui est incompréhensible quand on connaît son passé (voir les romans précédents des Emma Green 😉 ).

La bande des Royals, eux, sont ce que l’on croise assez facilement aujourd’hui dans les établissements scolaires, même si bien sûr, pour l’histoire et parce que cela se passe aux Etats-Unis, leur caricature est peut-être un peu poussée…

Bref, si j’ai adoré que le thème du harcèlement scolaire poussé à l’extrême soit abordé, j’espère que des jeunes victimes ne liront pas nécessairement le roman… Tout simplement parce que le roman est très réel dans la manière de faire des harceleurs, c’est très cohérent. Mais « dans la vraie vie », il y a quand même des solutions autres que celles employées par Louve. Fort heureusement, il y a des adultes un peu plus réactifs que les profs, parents, psy de Louve :-/ Je ne pense pas qu’il soit « bien » d’encourager les ados victimes à se débrouiller seuls, à leur faire croire que de toute façon, aucun adulte n’agira… Bref, ce point m’a quelque peu chagriné dans le roman…

Autre bémol sur lequel je ne peux pas m’étendre pour ne pas spoiler, clairement, le personnage d’Ellis est vraiment caricaturé pour moi, trop poussé. Je pense que c’est un peu « maladroit » pour introduire encore une fois un thème très actuel…

Ceci dit, le roman est rythmé (je veux dire qu’il dépend un peu des humeurs de Louve qui vont et viennent), heureusement, l’alternance de point de vue donne un peu plus de peps, car les pensées de Lazare sont intéressantes à découvrir 😊


Voilà, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, car clairement, les sujets abordés me touchent… Mais j’ai trouvé quelques « maladresses » tout de même, ce qui rend mon avis assez mitigé au final.







 

mardi 23 juillet 2019

T'es vraiment nul et vieux de François Cuel

Éditions Harper Collins//Broché 196 pages//3 avril 2019
Disponible en eBook 



 

 Tout commence par deux mots, qui sonnent comme une maladie mystérieuse ou un animal bizarre  : «  phobie scolaire  ».
Louise a quatorze ans.  Cette jeune fille précoce a été harcelée en sixième, au collège. Depuis plus d’un an, elle refuse d’aller en cours.
Louise est atteinte de phobie scolaire.
Pour elle, pour lui et aussi pour nous, son père essaye de décrire et de comprendre.
T'es vraiment nul et vieux est l’enquête d’un père qui se demande, observant sa fille au quotidien – métamorphosée par l’adolescence– qui elle est (devenue), ce dont elle souffre, comment l’aider et l’aimer au mieux.
Dédramatiser l’adolescence et comprendre le malaise parfois lié à cet âge, réfléchir à ce que signifie être père aujourd’hui. C’est tout cela à la fois que s’exerce François Cuel, de sa plume franche, bienveillante et profondément lucide.



 «  Voir, au-delà de mon inquiétude, la vérité en face, nos vérités et la difficulté d’être père aujourd’hui.  »

« T’es vraiment nul et vieux » est une des phrases typiques que tout adolescent digne de ce nom a déjà prononcé une fois dans sa vie, plus ou moins avec les mêmes mots. Intriguée par le résumé de ce témoignage, c’est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans ma lecture.

Nous accédons donc aux confidences de François Cuel, père de Louise qui a désormais quatorze ans. L’auteur nous livre une grande partie de l’enfance de sa fille, surtout concernant l’école et la vie de famille pour essayer, je suppose, de comprendre et de trouver l’origine de sa différence. Car Louise souffre de phobie scolaire. Nous sommes donc confrontés aux difficultés de cette enfant, puis plus tard de cette jeune fille, mais également à celle des parents.
Au départ, Louise fait face à une incompréhension générale (de la part de ses parents, des professeurs, du système scolaire…). Elle tente tant bien que mal de lutter contre ses peurs, certains jours elle parvient à se rendre à l’école, d’autres non, jusqu’au jour où elle ne voudra plus du tout y mettre les pieds.
Le thème du harcèlement scolaire est également présent, mais Louise n’a pas la même version que son père. Pour elle ce harcèlement a duré deux jours quand pour son père, il semble avoir été plus long.
Ce qui m’a le plus marquée dans ce texte, c’est la façon dont les parents de Louise se sont démenés pour aider leur fille. Si parfois ils ont été maladroits, comme n’importe quel parent, je les ai trouvés tellement tolérants ! Ils ne baissent jamais les bras, sont perpétuellement en recherche de solutions pour que Louise ne soit pas complètement exclue du système scolaire et qu’elle reçoive elle aussi les bases de l’éducation. Ils finiront d’ailleurs par apprendre que leur fille est surdouée.
La façon dont l’administration a réagi aux absences de Louise m’a révoltée. Alors que ses parents ont expliqué le problème de leur fille au collège, ils continueront de recevoir des sms (ou des lettres, j’ai un petit trou de mémoire) signalant les absences de Louise, de façon tout à fait impersonnelle, comme n’importe quel parent d’élève recevrait si leur enfant manquait l’école. Or, tout le monde dans l’établissement est au courant de la situation de Louise (directeur, professeurs etc). Même s’il y a un protocole, des règles etc, j’ai trouvé la réaction du collège inhumaine, mécanique.

Ce texte a su me toucher, je l’ai trouvé très profond, très authentique. L’auteur se livre à nous, mais surtout, à sa fille. C’est un très beau message d’amour et de respect que l’on découvre à travers ces lignes. La fin du témoignage, si elle n’apporte pas de solution concrète à la phobie scolaire, est très lumineuse. François Cuel a accepté la peur de sa fille, a compris sa souffrance et reste là pour elle. Grâce au chien qu’il a adopté, il a appris à laisser ses sentiments s’exprimer et il conclut son ouvrage en souhaitant le bonheur à Louise.

Et évidemment, on lui souhaite aussi.
Et on souhaite également que toutes les Louise du monde aient des parents aussi aimants et tolérants.



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