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vendredi 22 avril 2022

Rien ne m’échappe de Kimberly Belle

Editions Hauteville//Broché 416 pages//2 mars 2022
Disponible en eBook



Jade et Cam ont tout pour être heureux. Ils vivent dans une splendide demeure à Atlanta et élèvent ensemble leurs deux enfants. Cam est un chef-cuisinier dont la réputation n'est plus à faire, et il vient d'ouvrir son cinquième restaurant.
Leur vie parfaite est bouleversée le jour où un inconnu s'introduit chez eux, prenant en otage Jade et les enfants. Cet homme masqué, qui observe leurs moindres faits et gestes depuis des semaines, menace de révéler leurs secrets au grand jour. Cam n'a que quelques heures pour réunir la somme exorbitante exigée pour la rançon. Mais a-t-il vraiment les moyens de sauver sa femme et ses enfants ? Les secrets qu'il cache risquent de lui coûter très cher...



Juanita Moore, de Channel7 Action News, recueille enfin une interview exclusive de Cameron Lasky, alias « le Roi du steak d’Atlanta » après les terribles évènements subis par sa famille.

Que s’est-il réellement passé ce fameux après-midi où son épouse Jade et ses deux enfants Beatrix (9ans) et Baxter (6ans) ont été pris en otage dans leur somptueuse maison par un forcené ?

Certes, Jade se sentait espionnée par un homme mystérieux depuis quelques jours, mais pourquoi les prendre en otage en demandant une rançon au montant exorbitant, et surtout, original, alors que d’autres maisons bien plus riches bordent leur quartier huppé ?

Commence pour Cam une véritable course contre la montre pour sauver sa famille.

Pour la première fois, il accepte de s’exprimer dans les médias.

Quelle angoisse !


Ingénieusement construit, ce roman joue clairement avec nos nerfs.

D’un côté nous avons l’interview de Cam par Juanita, qui nous en apprend beaucoup sur ce chef de cuisine qui possède cinq restaurants et vit dans le stress perpétuel du succès. D’un autre, nous avons une partie narrative, avec une alternance de points de vue multiples, sur ce qu’il s’est passé cette fameuse journée.

Le rythme est juste dingue ! Le lecteur est pris dans la même spirale que les personnages, vivant minute après minute le calvaire de la famille Lasky, tel un bon film à suspense. Car oui, clairement, le suspense est haletant, quasi insoutenable. Je crois avoir retenu mon souffle au cours de ma lecture une bonne vingtaine de fois ! C’est d’ailleurs cette habile combinaison du rythme effréné et cette angoisse qui fait que ce roman se lit vite, facilement, on ne peut s’empêcher de vouloir en savoir plus, de vouloir comprendre, de vouloir connaître le dénouement…

Les personnages sont tous intéressants à appréhender, que ce soit Cam et ses secrets inavouables, Jade l’épouse parfaite, Beatrix la gentille fillette surdouée et Baxter, le mignon petit bonhomme courageux et innocent du fait de son âge… Sans même parler du ravisseur, cet homme qui ose s’en prendre à la famille Lasky alors que Cam est quelqu’un d’influent, ayant une renommée assez prononcée…

Que de mystère autour de cette prise d’otages ! Cam est-il celui qu’il prétend être ? Comme tout le monde, il a des squelettes cachés au fin fond d’un placard mais est-ce là le cœur du problème ? Et Jade, est-elle réellement la maman et épouse parfaite ? Comment va-t-elle réagir à cette menace autour de ses enfants ? Ce ravisseur, qui est-il ? Que veut-il au-delà de la rançon qu’il convoite ?


Bref, ce roman est complet…ou presque :-/ mon seul bémol concerne la fin. Quand je parle de fin, je ne parle pas du dénouement final, mais bien des toutes dernières lignes… Une fin rédigée ainsi ne plaît pas à tous les coups et j’avoue que sans me décevoir franchement, elle m’a quelque peu frustrée ! Certains l’apprécieront certainement plus, bien entendu et cela n’enlève en rien par contre à mon enthousiasme quant à ce roman 😉
Donc en conclusion, si vous n’avez pas un bon thriller gorgé de suspense à regarder à la télé, n’hésitez pas à vous lancer dans cette lecture, vous en serez tout aussi ravi
😉




 

samedi 19 décembre 2020

Avis : La Princesse d'Aragon de Philippa Gregory

 

Editions Hauteville//Broché 640 pages//14 octobre 2020
Disponible en eBook




« Je suis Catalina, princesse d'Espagne, fille des deux plus grands monarques que cette terre ait portés : Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon. Je suis leur plus jeune fille, la princesse de Galles, et je deviendrai reine d'Angleterre. »

D'abord épouse du frère aîné de Henri VIII, l'infante d'Espagne a su transformer un mariage d'intérêt en passion amoureuse ; mais à la mort de l'héritier du trône, l'impitoyable Cour d'Angleterre et les ambitieux parents de la jeune femme doivent trouver un nouveau rôle pour la jeune veuve. Catherine décide alors de prendre sa vie en main prête à tout pour pouvoir accomplir son destin. Dotée d'une détermination hors du commun, la princesse d'Aragon survit à la trahison, à la pauvreté et au désespoir avant de devenir l'épouse de Henri VIII, et de commander avec lui les forces anglaises dans leur plus grande victoire contre l'Écosse.





C’est avec plaisir que je me suis plongée dans l’histoire de Catalina, infante d’Espagne, promise à épouser le prince de Galles et à devenir reine.

Nous apprenons à découvrir ce personnage dès son enfance. Ainsi, nous la voyons grandir sur le champ de bataille, aux côtés d’un père et d’une mère en constante croisade. La reine de Castille et le roi d’Aragon. Catalina éprouve une grande admiration envers ses parents et plus particulièrement envers sa mère, reine, mais également guerrière. En effet, celle-ci n’hésite pas à prendre les armes pour mener ses troupes à la bataille. C’est une femme d’honneur et de courage. Lorsque ses parents s’emparent de Grenade, Catalina va découvrir l’Alhambra. Ce lieu la marquera définitivement. Là-bas, elle découvrira la culture des Maures (ennemis du royaume) et sa richesse et son opulence. Toute sa vie, elle ressentira une grande nostalgie en pensant à cet endroit merveilleux. Mais déjà, il est l’heure pour elle d’accomplir son destin. Son futur époux, accompagné de son père, lui rend visite. Très vite Catalina quitte l’Alhambra pour gagner l’Angleterre.

La jeune princesse de Galles éprouve quelques difficultés à s’acclimater aux mœurs du royaume, mais aussi au froid et à l’humidité. Elle a le mal du pays, cependant sa détermination hors normes lui permet d’endurer toutes les épreuves. Elle est l’infante d’Espagne et sa destinée est de devenir reine d’Angleterre. On sent, à travers cette obsession, ce but, que la jeune femme désire plus que tout rendre fiers ses parents et accomplir la volonté de Dieu.


J’ai mis beaucoup de temps à lire ce roman, sans doute à cause des conditions particulières dans lesquelles j’ai entamé ma lecture (confinement bis). J’ai vraiment adoré ce texte, son ambiance, la richesse des recherches. Ce qui a fait que j’ai été aussi longue, c’est sa dureté, je crois, dans une période où je n’étais peut-être pas dans les meilleures dispositions. 

Je ressors de cette lecture absolument conquise, j’ai notamment adoré le passage dans Grenade et l’Alhambra qui était très dépaysant. Ensuite, j’ai apprécié la romance entre Arthur et Catalina – qui se fait ensuite appeler Catherine, mais à la mort de ce dernier, le texte est devenu un peu plus poignant. La jeune femme va tout connaître : trahisons multiples, humiliations, pauvreté (par rapport à son statut) avant d’accomplir à nouveau son destin et de tenir une promesse.

À travers la plume de Philippa Gregory, j’ai découvert en Catherine, une femme forte, tenace, courageuse et combative. Et j’ai éprouvé pour elle, une très forte admiration.

La Princesse d’Aragon est une histoire très prenante et très poignante que je ne suis pas près d’oublier.







jeudi 6 août 2020

Avis : Le bonheur n'attend pas de Jojo Moyes

Editions Hauteville//Broché 576 pages
3 juin 2020//Disponible en eBook




Pur produit des années soixante, Athene Forster n'est pas pressée de se marier. Cette jolie fille trop gâtée est devenue une jeune femme aussi capricieuse qu'imprévisible, et elle multiplie les écarts de conduite. Aussi ses parents accueillent-ils avec soulagement la nouvelle de son mariage avec Douglas Fairley-Hulme, héritier de bonne famille. Mais à peine deux ans plus tard, la rumeur court qu'elle a une liaison, et le scandale la rattrape.

Trente-cinq ans plus tard, Suzanna Peacock s'efforce de vivre une vie aussi paisible que celle de sa mère a été tumultueuse. Elle s'installe à la campagne avec son mari, Neill, qui espère fonder une famille avec elle, et ouvre un café où elle vend des objets vintage. Les rencontres inattendues qu'elle va faire dans cette petite ville vont apporter bien des réponses aux questions qui la hantent...






Le bonheur n’attend pas est une histoire de vies.

À travers tout le texte, nous accédons aux points de vue de plusieurs personnalités qui composent le roman ce qui, en plus de nous montrer l’histoire sous plusieurs angles, enrichit considérablement l’intrigue. En effet, à mesure que nous avançons dans notre lecture, nous nous forgeons nos opinions, tirons nos conclusions « d’après notre vision des faits », puis, alors que nous plongeons dans la tête d’un autre personnage, nous revoyons notre opinion. Cela a été pour moi un incroyable tour de force de la part de l’auteure. J’ignore si c’était voulu ou non, mais en construisant son intrigue de cette manière, indirectement, Jojo Moyes m’a rappelé qu’une histoire avait toujours plusieurs versions et qu’il est facile de juger sans connaître, de tirer des conclusions hâtives. Je pense notamment à Athene. 

Ce personnage, même s’il apparaît peu et demeure par moments antipathique, m’a beaucoup touchée.

J’ai apprécié aussi le fait que l’auteur distille lentement les réponses à nos questions, nous permettant de faire fonctionner notre imagination et quelque part « d’enquêter » un peu. Les nombreuses personnalités qui nous sont offertes ici ont toutes leur identité, leurs secrets, leur vécu et leurs lots de problèmes.

Des sujets forts y sont traités, la vision de la femme dans la Société de manière générale avec la fameuse pression de faire des enfants, la violence conjugale, l’héritage, la filiation, la recherche de soi, les bébés volés de la dictature en Argentine, la séparation etc. 
Les thèmes sont vastes et variés, apportant de la diversité, plusieurs intrigues et surtout, matière à réflexion. 

Jojo Moyes signe là un très bon roman, loin cependant de l’univers de Avant toi, qui aurait néanmoins gagné à être affranchi de quelques longueurs. En effet, certaines réflexions et certains développements ont par moments alourdi un texte déjà très dense et m’ont parfois poussée à sauter des lignes pour ne pas décrocher. 
Malgré ce petit point négatif, je ressors très conquise de cette longue lecture de plusieurs semaines qui m’a tenue éveillée parfois jusqu’à tard le soir.





mercredi 19 juin 2019

La Sirène et le Scaphandrier de Samuelle Barbier

 
Éditions Hugo Roman//Broché 240 pages//13 juin 2019
Disponible en eBook


 

New York. Zach est enfermé dans une cellule, il paie sa dette à la société.
Londres. Hanna est enfermée, elle aussi. Elle vit recluse dans son appartement, incapable d'en franchir le seuil.
Poussée par son psychologue, elle s'inscrit à un programme pour correspondre avec des prisonniers et fait la connaissance de Zach, qui attire son attention dès ses premiers mots. Et s'il offrait à Hanna une liberté qu'elle pense hors de portée ?  


 

"Nous avons tous une histoire à raconter. Êtes-vous prêts à entendre la mienne ? J'ai été élevé dans les marécages du sud-est du Texas, sur ces terres rouges où règnent les vrais Cajuns. Maintenant que je suis "en cage', je passe le plus clair de mon temps à imaginer ce qui se passe à l'extérieur. " Zach 

Croyez-vous qu'on puisse tomber amoureux par correspondance ? Personnellement, je n'y crois pas. Mais après avoir lu La sirène et le scaphandrier, je suis en passe de changer d'avis.


Lorsque j'ai reçu ce roman, je n'avais aucune information. Pas de couverture, pas de résumé. Je me suis lancée à l'"aveugle", pas certaine du tout d'aimer. L'unique chose que je savais c'est que la Sirène et le scaphandrier avait gagné le Prix Télé-Loisirs du Roman de l'été et que la marraine du jury était Virginie Grimaldi. Y a pire non ? 😉 Donc, j'avais quand même l'espoir de passer un bon moment.


Il y a un mois, il était Zachary Bowman. Aujourd'hui il est le prisonnier 1989. Lieu de résidence : Prison de Rikers. New York. Zach a 29 ans, il en aura 35 ans quand il sortira.

Hanna vit à Londres. Depuis un terrible accident, elle vit "emprisonnée" entre les murs de son appartement : elle est agoraphobe. Même pour descendre sa poubelle, elle ne passe pas sa porte d'entrée (c'est son facteur qui s'en occupe). Son psy vient faire ses consultations à domicile. Autant vous dire que son cas est grave.

Comment ces deux-là vont-ils entrer en contact ?

Sur le site Inmatepenpals.com. La prison incite les prisonniers à s'y inscrire pour correspondre avec des gens "réels".
Et le psy d'Hanna lui conseille de s'y inscrire pour correspondre avec quelqu'un qui est réellement "enfermé".

Va s'ensuivre un échange de lettres qui va bouleverser leur existence et qui sait... peut-être les réunir ? Ou pas...


Comme je vous le disais plus haut, je n'avais aucune idée où je mettais les pieds en commençant cette histoire. Au fil des pages, des lettres, des échanges, je me disais tout le temps : mais comment ça va se finir ? Lui a New York, emprisonné pour six longues années et elle à Londres, emprisonnée pour la vie... Il y a pas de fin heureuse, c'est impossible ! Ce n'est pas une romance, je me suis fait avoir... J'ai même failli aller jeter un œil sur l'épilogue, c'est pour vous dire ! Évidement, je n'ai pas craqué et heureusement !

Bref, tout ça pour vous dire que j'ai plus qu'apprécié cette découverte complètement originale et surprenante. Malgré le stress, j'ai beaucoup aimé le fait de ne rien savoir sur l'histoire au départ. L'agréable surprise au fur et à mesure me procurait des sensations émotionnelles inédites.

Samuelle Barbier a réussi un petit exploit avec cette histoire qui n'est pas tout à fait une romance mais qui est une belle histoire d'amour avec un grand A.

Mon petit bémol est sur la fin que j'ai trouvé trop abrupte et qui me laisse espérer une suite.

Citation : «Réparez le thermostat, Hanna. Il fait trop froid chez vous ! Zach»



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Si vous voulez en savoir plus sur ce livre et son auteure, 
je vous invite à cliquer sur l'image

https://www.programme-tv.net/news/buzz/234682-choisie-par-virginie-grimaldi-samuelle-barbier-a-gagne-le-prix-tele-loisirs-du-roman-de-lete-2019-video/

vendredi 31 mai 2019

La peau des hommes de Camille Lanvin

 
Collection &H//Broché 320 pages//2 mai 2019
Disponible en eBook



 

 Découvrez ce que cachent les hommes…
Estelle multiplie les rencontres. Qu'ils soient tendres, drôles, égoïstes ou spirituels, elle aime observer les hommes et les mettre à nu avec d'autant plus d'entrain qu’elle fuit sa propre histoire. Car l'avantage de tous ces hommes, c'est qu’ils ne sont pas  lui  : Ganaël, celui qu’elle a réussi à quitter dans un ultime réflexe de survie. L’amour de sa vie à qui elle avait tout donné. A Paris, elle tente désormais de tourner la page, et c'est à travers le regard des hommes qu'elle va chercher la femme en elle, celle dont elle a perdu la trace...


 

J’aimais les hommes. J’aimais leurs peaux, leurs yeux, leurs mains de bûcheron, d’intellectuel, de professeur, de collégien, de vieillard, de nomade... Chacun d’eux était une île à la dérive, un univers encore vierge de mes caresses, un coffre-fort dont je détenais la clé.

La peau des hommes est un roman très bien écrit, j’ai apprécié la plume de l’auteure, simple et fluide, mais surtout, c’est un roman particulier qui peut parfois mettre mal à l’aise. Il faut arriver à faire abstraction de l’aspect un peu « catalogue » où la narratrice nous parle à chaque chapitre d’un homme différent avec lequel elle a eu une aventure afin de se concentrer sur la psychologie de l’héroïne, la manière dont elle faute d’abord pour ensuite tout perdre et aller jusqu’à la déchéance et enfin, se reconstruire. En cela, comme le dit le résumé, il est clair qu’Estelle se cherche bien à travers tous les hommes qu’elle côtoie et il est parfois difficile de la comprendre.

Au début du roman, on découvre l’histoire d’Estelle et de Ganaël de leurs débuts jusqu’à leur mariage et on prend alors connaissance des forces et des faiblesses de leur couple. Estelle est très amoureuse de Ganaël, son amour est presque absolu et pourtant, en réponse au délaissement qu’elle ressent, elle va commettre une faute. Et cette faute va malheureusement participer à détruire son mariage.
Durant une grande partie du roman, Estelle et Ganaël vont se retrouver pour quelques instants, se déchirer à nouveau, se blesser, se venger… Au point que leur relation en devient très vite malsaine.

Parallèlement, Estelle enchaîne les aventures plus ou moins longues et c’est là que l’effet « catalogue » dont je parlais plus tôt apparaît. Comme je le disais, chaque chapitre est consacré à un homme avec qui Estelle a eu une affinité (la plupart du temps elle a une ou des relations intimes avec lui, mais pas tout le temps) et chacun de ces hommes lui apprend indirectement quelque chose sur elle. Elle va côtoyer des personnes diamétralement opposées et plus elle avance dans sa vie, plus elle rencontre des hommes perturbés qui la poussent au delà de ses limites. Estelle va se donner jusqu’à la déchéance, jusqu’à se perdre complètement.
Pour peut-être ensuite mieux se retrouver.


Je dois dire que par moments, cette histoire m’a dérangée. La façon dont l’héroïne se nie, foulant sa dignité au pied m’a aussi bien touchée qu’énervée. Par moments, je comprenais sa détresse, son besoin d’autodestruction, la façon dont on peut s’humilier soi-même pour se faire du mal. À d’autres moments, j’avais envie de la secouer ! La voir passer d’un homme à un autre et leur sauter dessus était dérangeant. Non pas parce qu’elle avait envie de faire l’amour, chaque femme est libre de faire ce qu’elle veut avec son corps, mais plutôt parce qu’elle voulait coucher avec ces conquêtes comme un automatisme, comme si elle ne se résumait qu’à un corps. Elle décrit même qu’elle fait semblant de jouir et qu’elle ne ressent pas de plaisir. Dans ma tête, je me disais « mais pourquoi tu fais ça alors que dans le fond, tu n’en as même pas envie ? » 
C’était vraiment très étrange, car malgré tout et malgré le fait qu’elle m’énervait et que je ne cautionnais pas toujours ses choix, j’arrivais tout de même à voir son désespoir à travers ses actions et cela a participé au fait que je ne l’ai pas jugée trop sévèrement. J’ai même réussi à la comprendre.

En conclusion, La peau des hommes est un roman très bien écrit, qui se lit assez rapidement, avec une héroïne qui ne laisse pas indifférent.



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jeudi 28 mars 2019

Et tu entendras le bruit de l'eau de Sophie Jomain

 
Collection &H//Broché 378 pages//6 mars 2019
Disponible en eBook



 
  
Elle est partie pour fuir celle qu’elle était devenue… Là-bas, elle va trouver celle qu’elle est vraiment.

Marion Verrier est Fendie Miller. Ou plutôt Fendie Miller est Marion Verrier. Elle ne sait plus trop… Est-elle vraiment devenue cette journaliste assoiffée de scoops que plus rien n’émerveille  ? Poussée à bout, Marion craque et décide de s’échapper en baie de Somme. Un bungalow cosy perdu dans la nature pour se retrouver et réfléchir à ce qu’elle va faire de sa vie, voilà tout ce à quoi elle aspire. Mais, au «  Bruit de l’eau  », Marion découvre qu’elle n’est pas aussi seule qu’elle le pensait  ; quelqu’un d’autre a choisi l’écolodge pour s’isoler du monde. Un homme, mystérieux et solitaire, que le destin n’aura de cesse de remettre sur sa route.



 


Et tu entendras le bruit de l’eau est un roman, très court, incisif et que j’ai pris un véritable plaisir à lire.

Le personnage principal, Marion, est une jeune femme de trente-cinq ans qui consacre toute son existence à son travail, au point d’avoir mis de côté sa vie personnelle. Célibataire et sans enfant, Marion Verrier, ou plutôt Fendie Miller de son nom de plume, est une acharnée. Elle bosse sans relâche depuis des années à la recherche des meilleurs scoops, ne compte plus ses heures et brille dans son domaine.
Jusqu’au moment où, alors qu’elle bosse sur un article depuis des semaines, elle se fait doubler par un journaliste d’un magazine concurrent qui publie le même article un jour avant elle.
Sabine, sa supérieur, lui reproche alors d’avoir fait perdre beaucoup d’argent au journal et pour Marion, c’est la goutte de trop.
Lors d’une réunion entre elle, sa supérieur et son directeur, la jeune femme rappelle brutalement qu’elle n’a pas eu de vacances depuis deux ans. Le calcul est rapidement fait : elle a droit à trois mois de congés que son directeur lui donne sur-le-champ.
La première semaine, Marion se repose, dort beaucoup, regarde des séries, fait un peu le point sur sa vie. Elle se rend compte qu’elle s’est lassée de son travail et qu’elle n’est pas épanouie. Elle décide alors de partir pour plusieurs semaines dans la baie de Somme afin de se ressourcer. Elle loue un bungalow au Bruit de l’eau, chez un couple très aimable avec qui elle va immédiatement sympathiser.
Sur place, Marion passe ses journées à se promener dans la baie, se ressource, profite de la nature… Vit comme elle ne le faisait plus depuis des années. Elle se remet à faire de la photo, une passion qu’elle avait délaissée, puis décide de tenir un journal de bord de ses vacances, ayant le besoin de faire quelque chose de constructif.
Enfin, elle va faire la rencontre de Ben, un homme solitaire, passionné par son métier. Un personnage qui m’a beaucoup plu et qui m’a énormément touchée. À travers lui, Sophie Jomain nous sensibilise sur le sort des phoques et sur la préservation des milieux naturels.

 Une réussite.
D’ailleurs, avec ce court roman, Sophie Jomain parvient à nous véhiculer de nombreux messages. En plus de ceux que je viens de citer, il y a aussi le sort des enfants migrants. Si ces thématiques sont très altruistes, l’auteure nous rappelle néanmoins, de façon plus égocentrée, l’importance de suivre sa voie et indirectement de trouver le bonheur, notamment par les choix des deux personnages centraux du livre.

Et tu entendras le bruit de l’eau est un roman féminin très réussi dont les messages ont su me toucher. Il m’a fait un peu le même effet que Quand la nuit devient jour, sans que je sache très bien l’expliquer. Sans doute à cause des sujets abordés, des sujets graves qui méritent qu’on s’y arrête. À travers ces deux romans, j’ai découvert une facette de l’auteure plus profonde qui démontre sa polyvalence et son grand talent. Une facette qui me séduit même davantage, je dois l’admettre.
Autant dire que j’ai hâte de tenir entre mes mains, mon prochain Sophie Jomain.




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mardi 5 juin 2018

Madame Pylinska et le secret de Chopin de Éric-Emmanuel Schmitt

Albin Michel éditions, 126 pages, 28 mars 2018, disponible au format papier et numérique






« - Madame Pylinska, quel est le secret de Chopin ?
- Il y a des secrets qu'il ne faut pas percer mais fréquenter : leur compagnie vous rend meilleur. » 


 
Depuis sa naissance, alors que la famille Schmitt semble compter 4 membres,  il en existe un cinquième que le petit Éric n'aime pas beaucoup, on peut même dire qu'il le hait !
Il se méfie de lui, de son apparence : brun, trapu, obèse, l'ivoire des dents jauni ... Même son nom est une abomination : Shiedmayer !

C'est ainsi que perçoit, le jeune Éric, l'antique piano droit familial.

Jusqu'au jour où, âgé de 9 ans et grâce à sa tante Aimée, il découvre avec ravissement Chopin.
Il commence dès lors à vouer une véritable admiration à ce compositeur et à se mettre au piano, tentant de s'apprivoiser mutuellement.

Les années passent et l'enfant- devenu jeune homme - monte à Paris poursuivre ses études.
Et c'est là qu'il décide de prendre des cours : pour améliorer sa technique, pour tenter de jouer Chopin qu'il a du mal d'appréhender correctement.
Il va donc suivre les cours de Madame Pylinska, un professeur hors du commun qui va lui apprendre bien plus qu'il ne le pensait.
Madame Pylinska se révèle fantasque, vouant à Chopin une admiration débordante, passionnée par l'oeuvre du compositeur, déconcertante dans sa méthode éducative : elle utilise parfois des méthodes agréables - et certaines, d'ailleurs, des plus agréables et parfois d'autres, à la limite de la torture.

Mais quelques soient les méthodes utilisées, elles se révèlent redoutablement efficaces !

De toutes ces rencontres, de ces cours, découlera une décision, LA décision qui changera, à jamais, la vie d'Éric-Emmanuel Schmitt (EES comme le nomme certains)  

Je dois bien reconnaitre que, jusqu'à présent, je n'avais lu aucun ouvrage de EES, c'est maintenant chose faite !   
J'ai été charmée par ce récit, par la manière qu'à l'auteur de jouer avec les mots, de nous faire vibrer, de nous faire ressentir ses sentiments qu'il dépeint si bien. 
Madame Pylinska est un sacré personnage, aux idées bien arrêtées, au franc-parler rafraichissant et avec une passion délirante pour la musique et, plus particulièrement, pour Chopin.
Cette période de la vie de l'auteur lui a permis de s'ouvrir, de se laisser aller à "ressentir" les choses autrement et trouver sa voie.
Le chagrin ne lui sera pas épargné mais là aussi, cette épreuve va lui permettre, en quelque sorte, de grandir, de se trouver.

En bref, une tranche de vie que j'ai eu plaisir à découvrir et qui nous montre que la vie est faite parfois de belles rencontres qui peuvent changer une vie.


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mercredi 30 mai 2018

Le Putain d'énorme livre du bonheur qui va tout déchirer de Anneliese Mackintosh

Éditions Milady, Broché 411 pages, 16 mai 2018
Disponible en eBook



Ottila a décidé d’être heureuse et ça va faire mal.
Ottila a un problème. Enfin, elle en a un paquet. D’abord elle est alcoolique. Son père est mort pendant qu’elle se complaisait dans une éternelle gueule de bois. Sa sœur a été internée. Sa mère est en train de craquer. Et ses amis la tirent vers le bas. Sauf Thalès, le type le plus sain qu’elle ait jamais rencontré. Thalès donne envie à Ottila de devenir meilleure. Alors elle décide de faire un doigt à son « contexte » pourri et vole Le Petit Livre du bonheur à la bibliothèque. Puis elle entreprend de le scrapbooker sauvagement : mails, SMS, transcriptions de séances de thérapie, dessins… tout y passe...  Le résultat : un roman insolite, contagieux, qui vous fera autant rire (jamais élégamment) que pleurer :).



Je suis tombée littéralement sous le charme de ce titre plein de promesses. 
Et que cette couverture est jolie... La quatrième aussi m'a emballée et je n'ai eu qu'à lire cet extrait pour craquer complètement :
«Il me faudra plus qu'un bouquin merdique sur le bonheur pour me sortir du trou, alors je vais te faire monter en gamme. Je vais t'ajouter de jolies pages neuves et te faire raconter l'histoire de ma vie pendant quelques temps. Quand j'en aurai terminé avec toi, tu seras devenu Le Putain d'énorme livre du bonheur qui va tout déchirer !»


Sauf qu'après avoir lu quelque pages, j'ai vite déchanté. Non, ce roman n'allait pas me faire rire ni procurer du bonheur... bien au contraire. Mais loin de moi l'idée d'abandonner ma lecture, j 'ai persisté et là, à l'instant, j'ai tournée la dernière page. 

Ce livre, je l'ai commencé la semaine dernière, mais la vie d'Ottila était tellement merdique que j'ai fait une pause et j'ai lu trois autres livres avant de reprendre celui-ci. 
Pourquoi insister me direz-vous ? Parce que je n'aime pas laisser un personnage dans le malheur. Il me fallait la suite, et voir comment cette femme trentenaire et au fond du trou allait s'en sortir.

 ma tête à la 411è page

Alors, oui, je pourrais me la jouer psychologue à deux balles et analyser le comportement destructeur d'Ottila et de ses amis. Mais je n'ai pas l'intelligence pour ça et en fait, je suis quasi certaine que ça deviendrai vite soûlant pour vous.
Ce que je sais, c'est que je n'aurais voulu de la vie de cette femme pour rien au monde et pourtant je l'admire. 
Presque seule, sans aide, elle parvient à sortir la tête de sa vie merdique où l'alcool était sa principale préoccupation. Rajoutez à cela un chouia de drogues diverses, une tendance à la dépression et à l'auto mutilation. Du sexe avec des hommes ou femmes... mariés, jeunes, vieux.. qu'importe, elle était quasiment toujours bourrée.
Vous avez remarqué que je n'ai pas résumé l'histoire ? Tout simplement parce qu'il m'est impossible de la résumer. Ce livre est juste un immense "bordel organisé" où on retrouve pêle-mêle des lettres, des mails, des SMS, des retranscriptions de sa thérapie, des souvenirs, présents, passés. Beaucoup appartenant à Ottila mais aussi à sa mère, veuve, qui peine à refaire sa vie, à sa jeune sœur Mina, gravement malade, enfermée dans un asile psychiatrique et à son petit ami actuel, Thalès, le seul avec qui elle ait couché sans être défoncée. 

Alors, mon avis est à l'image de ce roman, cela peut paraître du n'importe quoi, mais pour bien comprendre il faudra lire ce Putain d'énorme livre du bonheur qui va tout déchirer

Pas obligé de le lire d'une traite, mais par petits bouts c'est bien. Ottila mérite qu'on s’intéresse à elle. Elle nous donne une belle leçon de vie. Même quand on est au fond du trou, il y a toujours moyen de remonter à la surface. Alors, oui, j'ai été désorientée par ce roman qui ne ressemble à nul autre, mais j'ai fini par avoir de l'empathie pour ces personnages et j'ai même savouré pas mal de passages sans savoir pour autant si j'ai réellement aimé cette lecture.

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