vendredi 31 mai 2019

La peau des hommes de Camille Lanvin

 
Collection &H//Broché 320 pages//2 mai 2019
Disponible en eBook



 

 Découvrez ce que cachent les hommes…
Estelle multiplie les rencontres. Qu'ils soient tendres, drôles, égoïstes ou spirituels, elle aime observer les hommes et les mettre à nu avec d'autant plus d'entrain qu’elle fuit sa propre histoire. Car l'avantage de tous ces hommes, c'est qu’ils ne sont pas  lui  : Ganaël, celui qu’elle a réussi à quitter dans un ultime réflexe de survie. L’amour de sa vie à qui elle avait tout donné. A Paris, elle tente désormais de tourner la page, et c'est à travers le regard des hommes qu'elle va chercher la femme en elle, celle dont elle a perdu la trace...


 

J’aimais les hommes. J’aimais leurs peaux, leurs yeux, leurs mains de bûcheron, d’intellectuel, de professeur, de collégien, de vieillard, de nomade... Chacun d’eux était une île à la dérive, un univers encore vierge de mes caresses, un coffre-fort dont je détenais la clé.

La peau des hommes est un roman très bien écrit, j’ai apprécié la plume de l’auteure, simple et fluide, mais surtout, c’est un roman particulier qui peut parfois mettre mal à l’aise. Il faut arriver à faire abstraction de l’aspect un peu « catalogue » où la narratrice nous parle à chaque chapitre d’un homme différent avec lequel elle a eu une aventure afin de se concentrer sur la psychologie de l’héroïne, la manière dont elle faute d’abord pour ensuite tout perdre et aller jusqu’à la déchéance et enfin, se reconstruire. En cela, comme le dit le résumé, il est clair qu’Estelle se cherche bien à travers tous les hommes qu’elle côtoie et il est parfois difficile de la comprendre.

Au début du roman, on découvre l’histoire d’Estelle et de Ganaël de leurs débuts jusqu’à leur mariage et on prend alors connaissance des forces et des faiblesses de leur couple. Estelle est très amoureuse de Ganaël, son amour est presque absolu et pourtant, en réponse au délaissement qu’elle ressent, elle va commettre une faute. Et cette faute va malheureusement participer à détruire son mariage.
Durant une grande partie du roman, Estelle et Ganaël vont se retrouver pour quelques instants, se déchirer à nouveau, se blesser, se venger… Au point que leur relation en devient très vite malsaine.

Parallèlement, Estelle enchaîne les aventures plus ou moins longues et c’est là que l’effet « catalogue » dont je parlais plus tôt apparaît. Comme je le disais, chaque chapitre est consacré à un homme avec qui Estelle a eu une affinité (la plupart du temps elle a une ou des relations intimes avec lui, mais pas tout le temps) et chacun de ces hommes lui apprend indirectement quelque chose sur elle. Elle va côtoyer des personnes diamétralement opposées et plus elle avance dans sa vie, plus elle rencontre des hommes perturbés qui la poussent au delà de ses limites. Estelle va se donner jusqu’à la déchéance, jusqu’à se perdre complètement.
Pour peut-être ensuite mieux se retrouver.


Je dois dire que par moments, cette histoire m’a dérangée. La façon dont l’héroïne se nie, foulant sa dignité au pied m’a aussi bien touchée qu’énervée. Par moments, je comprenais sa détresse, son besoin d’autodestruction, la façon dont on peut s’humilier soi-même pour se faire du mal. À d’autres moments, j’avais envie de la secouer ! La voir passer d’un homme à un autre et leur sauter dessus était dérangeant. Non pas parce qu’elle avait envie de faire l’amour, chaque femme est libre de faire ce qu’elle veut avec son corps, mais plutôt parce qu’elle voulait coucher avec ces conquêtes comme un automatisme, comme si elle ne se résumait qu’à un corps. Elle décrit même qu’elle fait semblant de jouir et qu’elle ne ressent pas de plaisir. Dans ma tête, je me disais « mais pourquoi tu fais ça alors que dans le fond, tu n’en as même pas envie ? » 
C’était vraiment très étrange, car malgré tout et malgré le fait qu’elle m’énervait et que je ne cautionnais pas toujours ses choix, j’arrivais tout de même à voir son désespoir à travers ses actions et cela a participé au fait que je ne l’ai pas jugée trop sévèrement. J’ai même réussi à la comprendre.

En conclusion, La peau des hommes est un roman très bien écrit, qui se lit assez rapidement, avec une héroïne qui ne laisse pas indifférent.



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