Affichage des articles dont le libellé est Fleuve éditions. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Fleuve éditions. Afficher tous les articles

mercredi 24 février 2016

Jour quatre de Sarah Lotz

Fleuve noir, 10 mars 2016 - Grand Format 460 pages



Piscine, excursions, soirées spectacles, bar à cocktails, cours de fitness, et même un casino ! Le Rêveur Magnifique portait bien son nom, et promettait une croisière paradisiaque aux heureux touristes embarqués à son bord. Mais le quatrième jour de la traversée, un incendie se déclare en salle des machines, et jette le paquebot à la dérive. Les communications avec l’extérieur sont rompues – aurait-on dérivé jusqu’au triangle des Bermudes ? Un meurtre, une épidémie, puis l’apparition chronique de fantômes dans les couloirs inférieurs achèvent de transformer le rêve en cauchemar. S’agit-il seulement du délire d’un médium halluciné, dont les prêches galvanisent les passagers ? Ou ces spectres surgis du néant ont-ils une autre origine ? Livrée au hasard et à la panique, la croisière sombre dans le chaos.


**Merci à Fleuve Éditions pour cette lecture en avant-première**

Mon ressenti à chaud à la fermeture de ce roman ? 
Je suis en vrac, encore choquée et hébétée par ce que j'ai lu.
C'est un roman incroyable, qui monte crescendo dans l'horreur. 

Tout commence par une magnifique croisière. 
Qui n'a pas rêvé de fêter le nouvel an à bord d'un somptueux paquebot au large des côtes hawaïennes ? 
Au programme : cocktails, petits fours, shows animés, casino, détente au bord de la piscine, ou encore visites de petites îles pittoresques, etc, etc...

Le rêveur magnifique, paquebot de la compagnie Foveros, promet tout ça... et bien plus encore !
Près de 3000 passagers et membres d'équipage à son bord ! Une petite ville sur la mer...

Trois jours de vacances merveilleuses, au goût de paradis.
Puis vient le quatrième jour, jour de réveillon... jour où le cauchemar commence, où le paradis devient l'enfer...
Et si le diable s'était invité à bord ?

Tout démarre par un petit incendie, sans conséquence dit-on, en salle des machines. Une avarie de rien du tout qui, certes, met le paquebot aux arrêts, mais sera vite réglée.
Malheureusement, les heures passent et le navire ne bouge toujours pas. Pire, la panne du moteur engendre de nombreux problèmes sanitaires créant ainsi une sévère épidémie de gastro-entérite.
Mais aucun secours à l'horizon...
Les passagers mécontents s'insurgent, la tension monte rapidement dans cet espace confiné, dans cette prison de métal encerclée par la mer.
Puis viennent, quasiment simultanément, d'étranges phénomènes...
Hystérie collective due à l'enfermement ? Crise de panique ? Peut-être. Mais nombre de passagers pensent avoir vu des fantômes. Pour certains il s'agit d'un grand homme de peau noire, pour d'autres, une femme de blanc vêtu, et d'autres encore, un petit garçon aux pieds nus.  Bref, beaucoup pensent le paquebot hanté. Ce qui alimente la paranoïa et cette tension qui ne cesse de croître.
Il y a aussi à bord une médium venue sur le paquebot pour donner des séances privées à un groupe de fidèles qui l'accompagnent. Peu de temps après l'incident stoppant la course du Rêveur magnifique, cette dernière a changé. Ses paroles devenant de plus en plus délirantes (ou pas ?), avec des propos troublants et surtout, étrangement justes...
Et comme si cela ne suffisait pas, il y a aussi parmi les passagers, un "prédateur" en quête de sa prochaine victime...

Nous suivons dans ce roman sept personnages, ce qui peut être déroutant au départ (pas facile de s'y retrouver au début), avec :
- Maddie, qui est l'assistante de Céline, une médium odieuse et peu scrupuleuse, venue avec ses "Amis", un groupe de fan-atiques qui boit littéralement ses paroles.  Maddie est en première loge pour voir les changements d'attitudes inexplicables de sa patronne.
- Xavier, un blogueur qui  a dans le collimateur la célèbre médium et s'est donné pour mission de révéler au grand public ses supercheries.
- Gary, l'assassin du Rêveur magnifique. Un homme d'apparence quelconque, mais aux penchants vicieux et pervers.
- Althea,  une femme de ménage dans la section VIP du paquebot. Son truc ? Sourires et faux semblants.
- Helen, une passagère venue en croisière avec son amie, Élise, dans un but très particulier.
- Jesse, le médecin de bord. Il a accepté de travailler sur ce paquebot pour fuir un souvenir culpabilisant et douloureux.
- Devi, agent de sécurité sur le navire, il enquête sur la mort tragique d'une jeune passagère.

Au début, comme je le disais, c'est assez déstabilisant, car il faut retenir tous les noms, fonctions etc.. mais finalement, là où j'appréhendais de me perdre, cela s'est fait très vite et naturellement.

Ce livre est un petit bijou ! Un quasi coup de cœur pour moi. 

Dès les premiers chapitres, nous sommes pris dans cette histoire, et plus les pages défilent, plus nous sommes accros, et plus nous dévorons le roman à un rythme effréné.
Je n'ai même pas vu passer les 200 dernières pages !! Incroyable !
J'ai été complètement bluffée... d'une part, par la plume de l'auteure et son style de narration bien particulier (surtout dans les dernières 100 pages), d'autre part, par l'intrigue époustouflante ! Les frissons  et sueurs froides sont garantis !

En bref ? Les croisières pour moi... c'est fini !! Je ne mettrai plus jamais les pieds sur un paquebot, aussi beau soit-il ! (bon en même temps, je n'ai jamais mis les pieds sur un paquebot, mais c'est pour dire quoi :p)


mardi 9 février 2016

Sa majesté maman de Anne B. Ragde

Fleuve éditions, 14 janvier 2016, 316 pages, disponible en format papier et numérique ici





" On a le devoir d'aimer ses enfants, mais pas celui d'aimer ses parents. " De sa mère, Anne B. Ragde a toujours fait un personnage de roman. De ses romans. Pour le plaisir, plus ou moins assumé, de l'intéressée... Aujourd'hui que Birte vit ses derniers mois, allant de lit d'hôpital en rendez-vous médicaux, sa fille n'a plus le choix : fini la mise à distance romanesque. La preuve d'amour, la seule, la vraie, ce sera de raconter sa mère, sans fard, sans pseudonyme. Une femme kaléidoscope, une Majesté du quotidien, capable d'élever seule ses filles, dans le dénuement et l'adoration des belles choses, de créer un festin à partir d'un fond de frigo, de tuer pour un livre ou un tableau de Chagall... Peu encline aux tendresses, certes, mais l'inspiratrice d'une vie, la matrice d'une œuvre. Riche de cette relation patchwork, la fille fait de la mère un portrait doux-amer. Avec sa part d'ombre. Et son lot de lumière. 
Merci à Fleuve éditions pour ce service presse.

Dans ce récit, Anne B. Radge rend un hommage émouvant à sa maman décédée. 
Elle nous raconte le parcours atypique de cette femme hors du commun.

Seule pour élever ses deux filles, peu encline à la tendresse et aux câlins, elle va parvenir à force de débrouillardise et d'ingéniosité à leur rendre moins pénible une enfance où l'argent était rare. Elle savait rendre appétissant n'importe quel repas, l'art d'accommoder les restes était sa spécialité. C'était une femme et une mère très spéciale à qui Anne voue une admiration sans borne, une femme intelligente, cultivée, elle adorait la lecture, les expositions, la musique, parfois fantasque, elle était partie, sur un coup de tête, en stop à Istambul.
Son métier était complètement atypique : conductrice en chef d’un chariot élévateur chez un fabricant de sacs plastique.

C'est une lecture sans action, sans romance, sans rebondissement mais avec tellement de sentiments.
La joie, la tristesse, l'amour, la colère, la déchéance, tout est là pour nous donner une belle leçon de vie et nous faire découvrir un personnage haut en couleur.
Et quelle horreur que ces "homes" (on devrait plutôt dire mouroir) en Norvège. Récit poignant d'une fin de vie que l'on voudrait tant rendre la plus douce possible pour ses parents mais qui n'est pas le cas ici. Cette femme fière, qui a toujours mis un point d'honneur à se débrouiller seule et qui finit sa vie courbée en deux ... terrible !

A travers cet ouvrage, Anne lui rend justice et la dépeint sans faux semblants, disant tout de sa mère, le bon comme le moins bon mais on sent au cours de ce témoignage, une reconnaissance (parfois un peu tardive) pour tout ce que Birte a fait pour ses filles.

Un récit qui nous plonge au coeur d'une vie passant du passé au présent, avec des retours à l'enfance d'Anne, nous faisant vivre des petits morceaux de cette existence tellement riche.
Je voudrais encore vous en parler tant les anecdotes sont nombreuses, certaines émouvantes, d'autres avec une pointe d'humour, d'autres étonnantes mais je dois m'arrêter là ou sinon, je vais restituer ici tout le contenu du roman. ^^

Une magnifique déclaration d'amour et de reconnaissance pour une mère parfois dure, imprévisible, fantasque, érudite, captivante et pas toujours facile à comprendre.

http://www.fleuve-editions.fr/livres-romans/livres/