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jeudi 9 juin 2022

Juste une fois pour essayer d'Elodie Garnier

Editions HarperCollins Poche 288 pages//20 avril 2022
Disponible en eBook



Une passion universelle, un amour singulier
Rien ne prédestinait Élodie et Sara à se rencontrer.
À Paris, Élodie mène une vie à cent à l’heure jusqu’au jour où elle plaque tout pour trouver refuge chez sa grand-mère, dans le centre de la France. Là, elle prend ses marques, se reconnecte à elle-même et fait la rencontre de Sara, une trentenaire à la vie bien rangée sur le point de se marier.
Un soir, alors que Sara n’avait jamais ressenti le moindre désir pour une femme, elle lui confie avoir envie d’elle.
Une fois, comme ça.
Juste une fois pour essayer…
Une passion universelle.
Un amour singulier.



Elodie Garnier, 28 ans est une jeune femme qui assume pleinement son homosexualité, sans pour autant la mettre en avant. Alors qu’elle mène une vie trépidante à Paris en tant que dirigeante du pôle conception graphique et événementiel d’une grosse agence de communication, qu’elle gagne bien sa vie, qu’elle passe beaucoup de temps entourée dans des sorties et fêtes diverses, d’un seul coup, le 12 mai 2016, le burn-out la frappe. Elle se rend compte que tout cela n’est qu’illusions, futilités…

Direction Issoudun, non loin de Châteauroux, chez sa grand-mère pour se ressourcer. Elodie ne gardera de sa vie parisienne que son amitié avec Jérémy (dit « Jey »), le reste elle n’en a que faire…

Une nouvelle vie s’offre à elle, une remise en question et surtout une reprise en main d’elle-même. Cela passera par l’établissement d’une activité de communication en free-lance, d’un emménagement dans une maison de campagne, de son inscription dans un club de handball où elle se liera d’amitié avec l’équipe… Et où elle rencontrera Sara, cette jeune maman de jumeaux qui doit se marier l’année suivante. Si au début, leur rencontre est un peu électrique, Sara ayant un tempérament un peu hautain et chargé en rivalité, lors d’une soirée un peu arrosée, la demi-centre de l’équipe de hand va se confier à Elodie sur sa vie personnelle où elle ne semble pas trouver l’épanouissement qu’elle laisse pourtant paraître aux yeux de tous. Au fil de la soirée, Sara laissera entendre qu’elle n’aurait rien contre essayer une aventure sans lendemain avec Elodie, « juste une fois, pour essayer »… Mais cette relation va vite prendre une tournure inattendue.


Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de romances F/F, tout simplement parce que je n’en trouvais pas qui arrivaient à m’embarquer et je les trouvais bien souvent trop mécaniques, dénuées d’émotions… Là je peux dire que sur ce dernier point, j’ai été parfaitement comblée par cette lecture et d’ailleurs, ce roman m’a réconcilié avec le genre ! Pourquoi ? Peut-être parce qu’on a plus l’impression de lire une autobiographie qu’un simple roman ? Peut-être parce que l’auteure a misé sur de longues descriptions de ressentis ? Peut-être parce que dans cette histoire, rien n’est facile ou prévisible ? Ou sûrement, l’ensemble de tout ça réuni…

A la fin de ma lecture, un proverbe m’est tout de suite revenu en tête : « En amour, le pouvoir appartient à celui qui aime le moins » . C’est si véridique dans ce récit !

Elodie est une femme qui semble forte, et pourtant, l’amour va la déconnecter complètement de la réalité et de toute logique. Pourtant, à la base, c’est elle qui est censée initier Sara. Mais voilà, quand les sentiments s’en mêlent, on ne contrôle plus tout.

Je suis passée par de multiples émotions au fil des pages, parfois j’ai souri et mon cœur s’est serré, parfois j’ai été en colère, parfois j’ai souffert aux côtés d’Elo… C’était dur de la voir souffrir, s’enfoncer dans la déprime… Maintes fois, j’ai eu envie de la secouer, de lui donner une claque, de lui hurler de se réveiller, d’ouvrir les yeux ! Mais la plupart du temps, j’avais envie de la prendre dans mes bras et la réconforter, car la seule erreur qu’elle a commise est celle d’aimer, d’aimer fort et sincèrement 😪 Elo a été prise au piège de ses sentiments…

J’ai détesté Sara. Clairement. Mais je l’ai aussi comprise parfois. Sa situation n’était pas simple je pense, les choses n’auraient pas évolué de la même manière dans une grande ville où les commérages ne sont pas légion. Elle est juste lâche, mais cela la rend toxique. Je me demande encore si elle était pleinement consciente de son emprise et du mal fait. Est-ce qu’elle s’en délectait telle une perverse narcissique, ou bien n’était-elle pas elle-même complètement perdue dans une tornade de sentiments inconnus ?

Bref, cette histoire est intense, bouleversante. Certes, peut-être que certains y verront quelques longueurs ou bien un agacement face aux nombreux « je t’aime, moi non plus ». Personnellement, j’ai vraiment apprécié l’histoire ET la plume d’Elodie Garnier. Il y a une sorte de « parler vrai », les sentiments sont mis à nu, je me suis sentie témoin d’un imbroglio amoureux dans lequel je ne pouvais intervenir, c’est d’un frustrant !

Donc en conclusion, je ne peux que recommander ce roman. D’accord, il s’agit d’une romance F/F, ok cela ne se terminera pas comme on pourrait se l’imaginer… Mais il vaut vraiment le coup d’être lu, même pour les adeptes des romances M/F, ne serait-ce que pour le côté psychologique de l’amour toxique… C’est intense, violent, puissant mais aussi sensuel, chargé en émotions, plein d’espoirs…

C’est donc un coup de cœur pour moi 💗








 

mardi 5 février 2019

The Boy Next Room vol. 1 : Série stepbrothers d’Emma Green

 
Éditions Addictives//eBook 154 pages//15 janvier 2019


 

 Son premier amour ? Son plus grand interdit.

Hériter de quatre demi-frères d’un coup, c’est trop, beaucoup trop pour Céleste, éternelle solitaire, qui n’a jamais trouvé sa place nulle part. Envoyée chez son père biologique qu’elle connaît à peine, dans une immense réserve animalière au sud de l’Australie, elle perd tous ses repères. Surtout quand l’un des frères Farrow l’attire, la désarme et fait naître en elle des sentiments inavouables.
River est fascinant. River est en guerre contre la terre entière. River n’est pas pour elle. Mais River est juste dans la chambre d’à côté…
Et les choses se compliquent vite quand on accepte enfin de ne plus faire chemin seule.




D'habitude, je ne lis jamais un roman en plusieurs volumes. J'attends sagement l'intégrale. Mais là, le résumé m'ayant plu d'emblée (histoire de demi-frères et qui n'est pas sans rappeler une autre série) et s'agissant d'Emma Green, je n'ai pas pu résister une seconde.

Céleste, jeune fille de 18 ans, est envoyée (sous la contrainte) en Australie par sa mère. Elle va y retrouver son père biologique, qu'elle n'a vu qu'une seule fois, et faire connaissance avec ses quatre demi-frères. Elle devra séjourner dans cette famille pendant un an et terminer sa dernière année de lycée. C'est une jeune fille qui n'est pas bien dans sa peau, dans sa vie et qui ne se sent pas comprise par sa famille et surtout par sa mère.
Arrivée en Australie, elle va faire la connaissance de ses quatre demi-frères. 
Il y a Asher, l'aîné, qui est calme et attentionné.
Jagger, jovial et dragueur.
Kasper, le petit dernier qui est un génie et est super attendrissant.
Et j'ai gardé bien sûr le meilleur pour la fin : River, le bad boy rebelle, qui a toujours l'air d'être en colère contre le monde entier. 
Cette famille, que Céleste va apprendre à connaître, est bien différente de la sienne. Celle-ci est unie, bien que cette fratrie représente des caractères bien différents, ainsi que d'une mère quasi-inexistante (et tant mieux, je la déteste).
Déjà qu'elle n'était pas ravie de vivre une année chez son père biologique, les choses vont se corser. Elle va éprouver une attirance envers un de ses demi-frères. Mais non ! Elle ne peut pas, elle ne doit pas. River est son demi-frère, voyons ! Néanmoins, c'est plus fort qu'elle, plus fort que lui. Car, bien sûr, cette attirance est réciproque.

Voilà l'intrigue générale. Une relation considérée comme malsaine, dérangeante. Tout pour me plaire. Deux personnages aussi torturés l'un que l'autre, une relation interdite, des secrets de famille.
Le décor est planté, les bases sont posées. Ce premier volume de 154 pages nous fait entrer directement dans le sujet. Par contre, je n'irai pas plus loin dans mon résumé, car je pense que ce serait dommage de vous dévoiler ce qui va se dérouler. 
Céleste est pleine de répartie, drôle, mais possède également une part de fragilité (due à ce qui lui arrivée en France).
River, "le bad boy rebelle", toujours en colère, arrogant, et pourtant ! Il peut être attentionné quand il le veut. Le père de Céleste et des garçons, qui fait des efforts pour apprivoiser sa fille et apprendre à la connaître vraiment. Et puis cette fratrie quoi ! Une fratrie forte, qui se soutient, qui s'aime. Ils sont tous très attachants et drôles ! Je dois dire que la mère je l'ai vite occulté: pour moi elle est amère (ce que je peux comprendre), mais elle n'est pas très agréable envers Céleste qui n'a jamais demandé à venir chez eux.
Quand j'ouvre un livre d'Emma Green, je dois dire que je ne le lis pas, je le dévore. Ces auteures ont le don de m'embarquer directement dans leurs histoires. Et encore une fois je ne suis pas déçue du tout. Ce volume était trop court et j'en redemande !

En bref, une histoire passionnante, complexe, qui cache bien plus d'un secret, le tout situé dans un magnifique décor qu'est l'Australie. Encore un joli coup de cœur, et j'attends impatiemment de me plonger dans la suite pour en découvrir plus.




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mardi 21 mars 2017

Notes noires de Pam Godwin

Éditions Blanche/Hugo Roman, Broché 516 pages, 9 février 2017
Traduction : Hector Lora, Disponible en eBook 


Émeric Marceaux est un fils prodigue et un célèbre pianiste qui enseigne avec ferveur et fermeté à de jeunes élèves triées sur le volet. 
Autoritaire, raffiné, secret, directif, insaisissable et impitoyable, il envoûte ses élèves toutes amoureuses de lui. 
L'une d'elle, Ivory Westbrook, a intrigué le maître qui l'a choisie pour en faire son œuvre érotique malgré l'interdit qui pèse sur leur passion. 
Souple et solide, réfléchie et naïve, douce et réceptive, Ivoire porte les stigmates des viols et abus qu'elle a subis et dont son maître veut la débarrasser en la poussant toujours plus loin sur les chemins du plaisir. 


" Ils me traitent de salope. Et peut-être en suis-je une. Parfois, je fais des choses que je méprise. Mais j'ai reçu un cadeau musical un an seulement après avoir quitté l'école secondaire. Ce cadeau s'appelle Émeric Marceaux. Et quand je me mets à jouer, je veux tout lui donner. Il est mon obsession, mon Maître, ma musique. Et mon professeur. "

Cette histoire se déroule à la Nouvelle Orléans.
Commençons par faire connaissance avec Émeric Marceaux.
Il a 27 ans et il est titulaire d'un Master du Leopold Conservatory de New York. Il est aussi membre de l'orchestre symphonique de Louisiane. Et il "était" proviseur au lycée préparatoire de Shreveport où il en était aussi le directeur des études musicales. Il "était" car sa relation amoureuse avec l'une de ses collègues a été découverte et a fait scandale. C'est pour ça qu'il se retrouve, en ce début d'année scolaire, professeur de piano dans la très sélective école privée Le Moyne. En contrepartie, il doit "pistonner" le fils de la doyenne pour le faire entrer à Leopold, puisque sa mère fait partie du conseil d'administration.

Ivory Westbrook, 17 ans, vit dans le quartier le plus défavorisé de la Nouvelle Orléans. Son père, avant de mourir, a tout sacrifié pour que sa fille puisse étudier le piano à Le Moyne. Il a revendu son piano-bar pour lui payer ses années d'études. C'est sa dernière année à Le Moyne et elle espère bien décrocher son entrée pour la prestigieuse école de New York, la Leopold Conservatory, car c'est bien elle la meilleure élève du lycée.
Mais depuis la mort de son père - alors qu'elle avait 13 ans - elle se bat chaque jour pour garder leur maison, vu que sa mère a plongé dans la drogue et l'alcool. Son frère, 26 ans, ancien militaire, ne vaut pas mieux puisque lui-même est un drogué et c'est même lui qui fournit sa mère. Aucun des deux ne s'inquiète de savoir qui paye les traites de la maison et les factures courantes. C'est Ivory, elle seule, qui doit subvenir à leurs besoins. Comment ?
C'est ce que je vous laisse découvrir...

Lorsqu' Émeric croise le regard (et le corps) d'Evory, il est de suite sous le charme de la jeune fille qui fait bien plus mature que les autres élèves.
Il va devenir son professeur particulier de piano et bien plus encore...

Oui ! Encore un coup de cœur pour une histoire d'amour sombre et immorale mais tellement belle.
Je craignais que le côté BDSM me gêne encore une fois, mais c'est écrit d'une façon tellement sensuelle, tellement esthétique que j'ai vite oublié que le BDSM est synonyme de douleur pour moi. Et puis, Émeric est un dominateur si tendre (si on peut dire) et sexy, que je ne pouvais que tomber, comme Ivory, sous son charme.
Point de passé torturé. Point de problèmes psychologiques qui ont déclenché cet intérêt pour le bondage et fessées punitives, non, juste un homme qui a découvert cette pratique, s'y est intéressé et a aimé ça, tout simplement. Et du coup, ça prend une toute autre tournure car Émeric sait se montrer aimant et attentionné. C'est juste sublime et ça nous met sans dessus dessous.

Cette histoire n'est pas à classer dans la Dark Romance, c'est plus un drame psychologique (d'ailleurs c'est ainsi que l'a classé l'éditeur), alors ne vous y trompez pas. C'est une relation taboue entre élève et professeur, entre un adulte et une mineure, mais franchement, ça ne me choque pas plus que ça. Ce qui m'a bouleversée et choquée c'est par où doit passer Ivory et ce qu'elle doit sacrifier, pour réussir à survivre.

Le seul bémol que j'émettrai ce sont des expressions ringardes comme : au diable vauvert... Puis je lui donne une volée de bois vert... Je jouais avec ma zézette (c'est Émeric qui dit ça)... Fouette cocher... Chaud comme une baraque à frites... Popol... Un problème de traduction sûrement mais ça prête plus à sourire qu'à faire frémir les petites culottes.
Mais Notes Noires, Emeric et Ivory restent un gros coup de cœur. Pam Godwin est une auteure à suivre de près.

Une mention spéciale pour la couverture superbe, très en accord avec l'histoire.



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