vendredi 23 octobre 2020

Avis : Oxygen de Johanna Marines

 

Snag éditions, 22 octobre 2020, 499 pages, disponible au format papier

 

 

 

 

Si l'air devenait toxique, jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour respirer ?

2216, la montée des eaux et la pollution ont transformé le monde actuel et augmentent les clivages entre la population. Elle ne doit sa survie qu'à la transplantation de bombonne d'oxygène avec différente autonomie selon la catégorie sociale à laquelle on appartient.
Mais comment vivre ses rêves quand l'air lui-même se vend et s'achète comme un vulgaire bien de consommation ?
À Toronto, la rébellion commence. Maïa et Naos, en quête de vérité, devront choisir entre y participer ou subir le diktat de la société.

 

Toronto, 2215.

Suite à la Catastrophe, le monde comme nous le connaissons n'existe plus.

Ne subsiste que Toronto, devenue une enclave.

Mais comment en sommes-nous arrivés là ?

Il y a eu 4 nuagos, 4 périodes qui ont conduit à cet état de fait.

Le premier remonte à la seconde guerre mondiale où l'utilisation de la bombe atomique  lors du conflit américano-japonais  ouvrit la voie à tout ce qui s'ensuivit.

Le second est survenu à notre époque : le dérèglement climatique et le réchauffement entraînant la fonte des glaciers, la montée des eaux et d'autres catastrophes. Aucune action ni solution n'ont été trouvées tant les différents spécialistes se contredisaient.

Le troisième nuago a vu la planète au 3/4 sous les eaux mais l'humanité était plus intéressée par les avancées technologiques que par sa propre sauvegarde.

Et puis enfin, le quatrième et dernier nuago, appelé la Catastrophe et qui a anéanti des milliards d'individus, ne laissant que la ville de Toronto, devenue une enclave. Le reste de la planète ayant disparu sous les eaux.  

Mais l'être humain, pour survivre, a du apprendre à s'adapter vu que l'air était devenu toxique.

Il a donc fallu le modifier pour lui permettre de respirer, de (sur)vivre. 

Comment ? 

En implantant 2 bouteilles d'air comprimé dans le dos de chaque individu et un oxycaptor incrusté sous la peau qui avertit lorsqu'il est nécessaire de recharger les bouteilles. 

Les humains sont devenus des mécanismes complexes mêlant la vie à la technologie. 

Pas des machines mais plus totalement humains.

Mais l'air se paie ! Et cher !

Les plus pauvres - les Irons - n'ont droit qu'à une autonomie de 8h, puis viennent les Pewters, pas vraiment riches mais pas pauvres non plus qui, eux, ont une autonomie de 16h et puis viennent les Golds, les plus nantis qui ont droit à une autonomie de 48h !

Dans Toronto, il y a de l'eau partout et l'on ne se déplace qu'en pirogue mais lorsque le déluge s'abat sur la ville, se sont les Irons qui en souffrent le plus, eux qui habitent au plus près de l'eau. 

Maïa est une Pewter et Naos, son meilleur ami - et fils du dirigeant de Toronto - est un Gold.

La jeune fille rêve parfois de la vie de ses arrières--grands parents où leur survie ne dépendait pas de ces machines et éprouve une grande fascination pour l'ancien monde.

Ici, pas de trafic de drogue mais d'air. 

Un air vicié, contenant trop de CO2 mais que les plus démunis achètent  car il est moins cher que l'air pur vendu par le réseau Oxy, qui, unique distributeur, le vend à un prix astronomique. 

Les plus pauvres sont contraints de vendre un de leurs organes pour pouvoir se payer de quoi vivre.

C'est contre ce marché secondaire que va s'attaquer Maïa en se rendant dans les souterrains. 

Mais cela ne s'arrête pas là, une catastrophe perturbe la distribution du réseau Oxy. 

Inutile de vous décrire les conséquences terribles auxquelles va être confrontée la population. 

Mais cela n'est que le côté émergé de l'iceberg ...

Bon, je pense que je vais m'arrêter là !

Il y a tant de choses à dire, à expliquer, de rebondissements, de révélations que si je continue, je vais tout vous dévoiler !

Maïa va être confrontée à l'horreur absolue, à la détresse humaine. Elle va devoir faire des choix qui vont entrainer de terribles et tragiques conséquences.

Et pourtant, elle continuera à se battre pour ce en quoi elle croit !

Ce récit fait froid dans le dos et au vu de ce que nous faisons de notre planète, il n'a, malheureusement, rien d'une utopie.  

C'est une intrigue  terrible, un monde hypothétique mais le sera-t-il vraiment à long terme ?

Il s'agit, pour moi, d'un futur tout à fait possible si nous continuons à détruire notre planète.

En bref, Oxygen est un roman qui nous fait réfléchir sur l'évolution de la société, sur notre surconsommation qui entraine l'appauvrissement et la destruction de notre planète, sur ces catastrophes de plus en plus nombreuses qui nous frappent. Un  appel au secours et une mise en garde pour le futur des générations à venir !






 

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