jeudi 9 avril 2020

8865 de Dominique Legrand

 
Hugo New Way//Broché 277 pages//12 mars 2020
Disponible en eBook 



 

 Une jeune fille et sa mère s'engagent contre la souffrance animale...
Julia Hoffmann, comédienne, vit seule avec sa fille de quinze ans, Alice. Après une longue traversée du désert, sa carrière semble enfin redémarrer. Dans son emploi du temps bien chargé, elle s'aménage régulièrement
des virées à la campagne avec Alice, chez les grands-parents.

Là-bas, elles font la connaissance de celle qu'elles vont bientôt baptiser Doucette : une jolie vache qui vient d'avoir un veau. Doucette, immatriculée 8865, devient leur rendez-vous régulier. Alice aime lui rendre visite dès qu'elles en ont l'occasion. Jusqu'au jour où une camionnette se gare devant le champ. Deux hommes en sortent, enlèvent le veau et le chargent dans le véhicule.Bientôt, c'est au tour de la vache d'être promise à l'abattoir. Julia et Alice vont alors lever sur voile sur les dessous du traitement animal, et rapidement, la viande ne devient plus une option. Un beau jour, Doucette a disparu de son pré. Julia va alors tenter l'impossible pour la sauver de son destin programmé.



La lecture de 8865 a été très intéressante pour moi. Je ne suis pas végétarienne, car je ne me sens pas encore tout à fait prête à franchir ce cap, mais en revanche, j’ai décidé depuis plusieurs années de faire attention à ma consommation de viande. De ce fait, j’étais très curieuse de lire ce livre et de voir les réactions et l’évolution des personnages face à une problématique d’actualité.

Tout d’abord, nous faisons la connaissance de Julie et de sa fille, Alice. Nous suivons le quotidien d’une mère célibataire habitant à Paris avec une adolescente, une situation que beaucoup de personnes vivent et qui doit permettre au lecteur de s’identifier aux personnages.
Malheureusement, pour une raison que j’ignore, dans l’ensemble je n’ai pas été très sensible aux personnages ni à leur histoire. Il y a par moments une certaine distance (peut-être parce que le roman est court ?) qui a fait que je comprenais ce qu’ils vivaient mais en étant tout de même très détachée d’eux.
Je dois avouer que je ressors mitigée de cette lecture. Le sujet est fort, touchant. Il m’a beaucoup fait réfléchir, m’a confortée dans l’idée que je voulais manger moins de viande et même par la suite, ne plus en manger du tout. Quand l’auteur dit qu’on est responsable de toute cette souffrance, il a absolument raison. Quand il nous dit qu’on ferme les yeux sur les images d’horreur des abattoirs car on refuse de voir la réalité, c’est également vrai. Du moins en ce qui me concerne. Par contre, il y a un passage où l’auteur a une vision hyper fataliste de notre monde et même s’il n’a pas tort, ce n’est pas ce que j’avais envie de trouver dans un tel roman, dont le sujet est déjà très dur. Dire que de toute façon la Terre va mourir, ça peut également pousser les gens à se dire « alors pourquoi se soucier de ses habitants ? ». Personnellement, à cet endroit là, je me suis mise à déprimer et j’ai même stoppé ma lecture plusieurs jours.

Un autre point m’a légèrement fait tiquer aussi, il s’agit du moment où Julie et Alice parviennent à caresser Doucette et son veau quand elles font leur connaissance. Ça peut arriver, mais par expérience, c’est plutôt rare quand on ne les panse pas au quotidien, en général elles approchent par curiosité, mais elles restent méfiantes (les veaux encore plus). Ça m’a donné la sensation que l’auteur voulait en rajouter un peu pour nous sensibiliser davantage. Je sais bien qu’on est dans un roman, mais ces passages m’ont paru moyennement crédibles. Vous me direz, c’est un détail. Mais à mon humble avis, on n’est pas obligé d’enjoliver la réalité pour défendre une cause. La scène où la vache court après le véhicule qui emporte son veau en meuglant est tout à fait juste, par exemple, et cent fois plus percutante.

Si je n’ai pas été très sensible à Julie et à son histoire, en revanche j’ai beaucoup aimé suivre sa prise de conscience. Je connais quelqu’un qui a vécu la même chose et cette personne est passée par les mêmes états avant de décider de ne plus jamais manger de bœuf.


Malgré ces quelques points négatifs, 8865 reste un roman intéressant qui fera sans aucun doute réfléchir ses lecteurs et pour certains, leur offrira peut-être une prise de conscience. Me concernant, ça m’a à nouveau poussée à m’interroger sur ma manière de manger et m’a conforté dans l’idée de diminuer encore ma consommation de viande. Un grand merci à l’auteur pour s’être attaqué à ce sujet difficile, mais ô combien important.


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