mardi 23 juillet 2019

T'es vraiment nul et vieux de François Cuel

Éditions Harper Collins//Broché 196 pages//3 avril 2019
Disponible en eBook 



 

 Tout commence par deux mots, qui sonnent comme une maladie mystérieuse ou un animal bizarre  : «  phobie scolaire  ».
Louise a quatorze ans.  Cette jeune fille précoce a été harcelée en sixième, au collège. Depuis plus d’un an, elle refuse d’aller en cours.
Louise est atteinte de phobie scolaire.
Pour elle, pour lui et aussi pour nous, son père essaye de décrire et de comprendre.
T'es vraiment nul et vieux est l’enquête d’un père qui se demande, observant sa fille au quotidien – métamorphosée par l’adolescence– qui elle est (devenue), ce dont elle souffre, comment l’aider et l’aimer au mieux.
Dédramatiser l’adolescence et comprendre le malaise parfois lié à cet âge, réfléchir à ce que signifie être père aujourd’hui. C’est tout cela à la fois que s’exerce François Cuel, de sa plume franche, bienveillante et profondément lucide.



 «  Voir, au-delà de mon inquiétude, la vérité en face, nos vérités et la difficulté d’être père aujourd’hui.  »

« T’es vraiment nul et vieux » est une des phrases typiques que tout adolescent digne de ce nom a déjà prononcé une fois dans sa vie, plus ou moins avec les mêmes mots. Intriguée par le résumé de ce témoignage, c’est avec beaucoup de curiosité que je me suis lancée dans ma lecture.

Nous accédons donc aux confidences de François Cuel, père de Louise qui a désormais quatorze ans. L’auteur nous livre une grande partie de l’enfance de sa fille, surtout concernant l’école et la vie de famille pour essayer, je suppose, de comprendre et de trouver l’origine de sa différence. Car Louise souffre de phobie scolaire. Nous sommes donc confrontés aux difficultés de cette enfant, puis plus tard de cette jeune fille, mais également à celle des parents.
Au départ, Louise fait face à une incompréhension générale (de la part de ses parents, des professeurs, du système scolaire…). Elle tente tant bien que mal de lutter contre ses peurs, certains jours elle parvient à se rendre à l’école, d’autres non, jusqu’au jour où elle ne voudra plus du tout y mettre les pieds.
Le thème du harcèlement scolaire est également présent, mais Louise n’a pas la même version que son père. Pour elle ce harcèlement a duré deux jours quand pour son père, il semble avoir été plus long.
Ce qui m’a le plus marquée dans ce texte, c’est la façon dont les parents de Louise se sont démenés pour aider leur fille. Si parfois ils ont été maladroits, comme n’importe quel parent, je les ai trouvés tellement tolérants ! Ils ne baissent jamais les bras, sont perpétuellement en recherche de solutions pour que Louise ne soit pas complètement exclue du système scolaire et qu’elle reçoive elle aussi les bases de l’éducation. Ils finiront d’ailleurs par apprendre que leur fille est surdouée.
La façon dont l’administration a réagi aux absences de Louise m’a révoltée. Alors que ses parents ont expliqué le problème de leur fille au collège, ils continueront de recevoir des sms (ou des lettres, j’ai un petit trou de mémoire) signalant les absences de Louise, de façon tout à fait impersonnelle, comme n’importe quel parent d’élève recevrait si leur enfant manquait l’école. Or, tout le monde dans l’établissement est au courant de la situation de Louise (directeur, professeurs etc). Même s’il y a un protocole, des règles etc, j’ai trouvé la réaction du collège inhumaine, mécanique.

Ce texte a su me toucher, je l’ai trouvé très profond, très authentique. L’auteur se livre à nous, mais surtout, à sa fille. C’est un très beau message d’amour et de respect que l’on découvre à travers ces lignes. La fin du témoignage, si elle n’apporte pas de solution concrète à la phobie scolaire, est très lumineuse. François Cuel a accepté la peur de sa fille, a compris sa souffrance et reste là pour elle. Grâce au chien qu’il a adopté, il a appris à laisser ses sentiments s’exprimer et il conclut son ouvrage en souhaitant le bonheur à Louise.

Et évidemment, on lui souhaite aussi.
Et on souhaite également que toutes les Louise du monde aient des parents aussi aimants et tolérants.



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