mardi 25 février 2014

Les yeux jaunes T.1 et T.2 de Yvan Godbout


AdA, sept 2013, 370 pages (T.1) / 352pages (T.2)



J’étais en train de pisser quand j’ai remarqué l’étrange couleur du ciel par la fenêtre de la salle de bain. Je me suis dit que c’était un caprice de Dame Nature, et j’ai poursuivi mes ablutions matinales. Je ne savais pas encore à ce moment-là que le Diable avait étendu son territoire sur notre si jolie planète. J’ai commencé à comprendre qu’il se passait un truc vraiment pas normal quand j’ai découvert ma fille Susie en train de s’offrir notre gros matou Charlot en guise de petit déjeuner, et j’ai dû admettre l’évidence lorsque mon épouse Catherine a tenté de me croquer à son tour. Là, il n’y avait plus aucun doute. La fin du monde était arrivée, et ma traversée de l’Apocalypse n’allait pas être de tout repos.



Il n’y a pas à dire, vivre en enfer n’est pas facile tous les jours. Heureusement, je ne suis pas seul pour y faire face. N’eût été ma mini copine Mimi qui manie la tronçonneuse avec tant de doigté, et Sandy que je considère maintenant comme ma fille, je ne serais probablement plus là à écrire ces lignes. Toutes deux, elles m’ont sauvé la vie. Nous sommes conscients que le Diable veille toujours, et que l’un de ses serviteurs, cette sale brute d’Hogan, rôde dans les parages. Le salaud nous mène la vie dure, bien plus encore que les contaminés qui nous pourchassent pourtant sans arrêt pour nous dévorer. Il n’a qu’un but: semer la destruction au coeur de notre famille qui comptera bientôt de nouveaux membres. Il hante désormais mes cauchemars, et je sais que tôt ou tard, il remettra le pied dans ma réalité. Ce jour-là, il risque bien de donner tout son sens au terme apocalypse.



J'ai a-d-o-r-é ces deux romans!
J'avoue que je les ai lus tout à fait par hasard, ils étaient dans ma pal et je me suis dit : "allez,je vais attaquer le premier tome, on verra bien!" Et là, la révélation, un énorme coup de cœur comme j'en ai ressenti très peu. J'ai dévoré (pour des zombies affamés, c'est un peu normal) les 2 tomes en une journée. 

Un livre de zombies, encore un, me direz- vous ?
Et bien détrompez-vous, celui-ci est tout à fait unique. Yvan écrit avec un style et avec un humour noir, qui permettent, même aux scènes les plus sanglantes, de passer sans problèmes.
De plus, ses héros sont totalement atypiques : Dany, pré-quadragénaire, non sportif, pas très courageux et plutôt maladroit (combien de fois ne laisse-t-il pas tomber son arme au plus mauvais moment); Mimi, sa mini copine, qui manie la tronçonneuse comme une vraie pro et qui, il faut bien le reconnaître, lui sauve la vie très très souvent ; Sandy, sa fille adoptive (vu qu'il a été obligé de se débarrasser de sa 'vraie' fille d'une façon quelque peu expéditive) qui est d'une intelligence et d'un courage à tout épreuve ; Rachel, une femme d'un âge certain mais d'une grande habilité au tir,et qui sert de grand-mère à Sandy ; Lucien' Gratouille' appelé plus familièrement Lulu, le vagabond.
Ces personnes qui n'ont en commun que le fait qu'ils ne soient pas contaminés, vont s'unir et reformer une famille pour lutter contre les monstres.

 Et comme si les très méchants et très affamés zombies ne suffisaient pas, il y a LE méchant humain, Hogan, qui n'ayant même pas l'excuse d'être un zombie, va pourrir, mais alors là, vraiment pourrir l'existence de cette famille reconstituée...

Il n'y a aucun temps mort dans le récit et l'on est tellement pris dans l'intrigue qu'on ne peut le lâcher qu'à la fin. Je ne vous dis pas mon impatience pour pouvoir lire le tome 3 et connaître le dénouement, à quelle sauce Yvan va-t-il nous le faire ? 

En résumé, je ne peux que vous conseiller de les lire et, croyez-moi,vous ne le regretterez pas !

Puis, j’ai eu droit à un curieux spectacle. Trois vaches paissaient tranquillement sur la pelouse avant ! Eh bien, je me savais à la campagne, mais pas à ce point-là ! Ça m’a arraché un sourire forcé qui m’a fait le plus grand bien, même s’il fut de courte durée. Un individu contaminé de petite taille, venant de je ne sais où, se jetait au cou de l’une des vaches. Il portait un pyjama sûrement rose à l’origine. Le « il » était donc un « elle ». Et quand elle a relevé la tête, avec la langue bien saignante du pauvre animal entre les dents, je l’ai reconnue. Ma Susie, l’amie des bêtes. Susie a tourné la tête vers moi. J’ai versé une larme. Une seule. Elle s’est remise à grogner en courant dans ma direction. Sans hésitation, j’ai appuyé sur l’accélérateur..... 

Derrière moi, un individu contaminé venait d’atteindre le palier. Ses yeux jaunes se sont braqués sur moi, et il m’a tout de suite chargé. Un vacarme de tous les diables provenant de la chambre a failli me faire tomber dans les pommes. Le zombie arrivait sur moi. Un jeune homme d’environ 18 ans, la tête rasée, et fort athlétique. J’ai fait face et levé ma pelle, résigné à l’affronter. D’autres grognements s’élevaient de l’escalier. J’étais perdu. La porte derrière moi s’est ouverte. Le bruit devint assourdissant.J’ai vu passer une tronçonneuse et une petite fille. Et deux bras de zombie. La mioche s’est tournée vers moi, le ton autoritaire. — Qu’est-ce que t’attends ? Coupe-lui la tête ; tu vois bien que je ne suis pas assez grande ! Je l’ai regardée durant une fraction de seconde, décontenancé. La petite fille n’en était pas une. En fait, oui, à proprement parler, c’était une fille. Mais de petite taille. Une naine, quoi ! Et elle maniait foutrement bien la tronçonneuse. J’ai levé ma pelle et pris un élan comme s’il s’agissait d’une batte de baseball. Et j’ai frappé en plein dans le mille. La tête du jeune sportif s’est fait trancher d’un seul coup et a roulé jusqu’aux pieds d’une zombie obèse qui venait tout juste d’arriver à l’étage.....Elle a éteint son instrument de torture et m’a tendu sa main toute menue en faisant un geste de la tête pour replacer ses longs cheveux flamboyants. — Salut, moi, c’est Michelle. Mes amis m’appellent Mimi ou Mini, c’est comme tu veux. — Vraiment enchanté, Mimi. Moi, c’est Dany. Mes amis m’appellent Dany ou Dany, c’est comme tu veux. Elle m’a regardé très sérieusement de ses yeux verts pétillants. Puis elle s’est mise à rire.


J’avais donc vu juste. Les individus contaminés s’étaient transformés en de réels prédateurs. Ils n’attaquaient plus seulement par instinct. Non. Désormais, ils réfléchissaient. Ils planifiaient leurs attaques. Ce n’étaient pas encore des diplômés de Harvard, mais ils en avaient assez dans leurs sales caboches pour semer une nouvelle forme de terreur. Une armée de guerriers assassins et cannibales...

Je ne suis pas entré tout droit dans un mur, et je n’ai pas posé le pied sur un explosif. En fait, j’ai miraculeusement atteint le bas d’un escalier. L’un des individus contaminés avait eu moins de chance en percutant ce qui devait être une étagère bien remplie, produisant un bruit infernal de verre brisé et de diverses pièces métalliques s’entrechoquant dans une musique de tous les diables. J’espérais bien qu’il se soit planté quelques clous dans le cul. L’autre, par contre, me pourchassait toujours, et son souffle rauque ainsi que ses grognements disgracieux semblaient se rapprocher dangereusement de ma nuque.J’ai grimpé quatre à quatre les marches, me concentrant pour ne pas en louper une. Qu’est-ce que vous pensez ? J’en ai manqué une. Ma bouteille de vin s’est fait la malle en roulant sous les marches. Zut ! Je me suis effondré face première dans l’escalier, mon poursuivant par-dessus moi. Ses dents ont claqué sur le bord de mon oreille, celle qui avait déjà eu le malheur de se faire croquer dès le début de cette aventure cauchemardesque....


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